L’autorité participative : un modèle très attrayant…

Je lis ce beau texte de Paul Robert, proviseur bien connu pour son livre  La Finlande : un modèle éducatif pour la France ? ESF éditeur, 3ème éd. 2010, et de nombreux articles sur des sujets éducatifs. (Proviseur du lycée polyvalent Jacques Prévert, à Uzès dans le Gard.)

Paul Robert milite pour une « autorité participative » qui part du constat qu’aujourd’hui toute autorité traditionnelle qui tend à s’imposer en infantilisant les élèves, est vouée à l’échec. Je retiens de son texte cette citation :

« Le postulat est cette fois que l’enfant a une appétence naturelle pour le savoir, qu’il faut nourrir et renforcer par des dispositifs adaptés : méthode heuristique, dynamique de projet, travail en groupe… Le cours magistral, mode pédagogique encore ultra-dominant en France, doit être abandonné. Il est d’ailleurs probable que bien des « problèmes d’autorité » auxquels sont confrontés les professeurs proviennent de la perpétuation de ce vestige de l’ancien monde dans un contexte où il n’a manifestement plus sa place et que ces « problèmes » disparaîtraient d’eux-mêmes en adoptant une pédagogie résolument moderne. Autorité participative et pédagogie moderne refusent l’une comme l’autre de continuer à infantiliser l’élève, et font le pari que c’est en lui accordant une large responsabilité dans ses apprentissages comme dans la régulation de la vie collective qu’on lui permettra de devenir l’adulte responsable qu’il est déjà en puissance. »

Un nouveau mode d’organisation de l’école s’impose donc :

« Des communautés apprenantes

« Dans ce modèle, les établissements deviendront des « communautés apprenantes » où chacun, élève comme adulte, détiendra une parcelle du savoir et de l’autorité non pour les imposer mais pour les partager dans une atmosphère d’échange et de collaboration chaleureuse et stimulante. Toutes les ressources du numérique pourront être utilement mises à profit pour un fonctionnement en réseau. Les regroupements physiques ne seront pas figés mais répondront aux besoins de chacun. Quant à l’emploi du temps il sera modulable à volonté : les séquences d’apprentissage individuel tuteuré alterneront avec des plages de travail en groupe sur des projets pédagogiques et avec des journées consacrées à la réalisation de chantiers collectifs donnant pleinement sens aux connaissances à acquérir. L’établissement, ouvert sur son environnement, sera ainsi un foyer d’expériences vivantes où s’inscriront de façon harmonieuse et cohérente les apprentissages fondamentaux dont le référentiel sera toujours fixé nationalement mais dont l’évaluation se fera au gré de la progression de chaque élève et à sa demande uniquement.

Utopie ? Il serait à mon sens beaucoup plus utopique de croire que notre système rigide, centralisé et sclérosé, générateur d’échec, de mal-être et de violence pourra longtemps perdurer en cherchant vainement à rafistoler la statue croulante d’une autorité héritée d’une époque définitivement révolue. »

Lire l’article sur cette page.

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